La Grande Sophie a vécu toute sa jeunesse à Port-de-Bouc près de Marseille. Elle est une artiste atypique dans le paysage musical français. Pourquoi ? Elle invente le concept de « kitchen music », dont son premier album est un exemple phare. La "kitchen music" est "un mouvement du milieu des années 90 qui considère l'activité musicale comme peu différente de toute autre tâche quotidienne."
Elle baigne dans le milieu musical dès son plus jeune âge. A treize ans, elle monte son premier groupe avec son frère et son voisin. Son instrument de prédilection : la guitare.
Elle se met à écrire et à composer, alors qu'elle suit des cours aux Beaux-Arts à Marseille. Elle joue ses morceaux dans les terrasses et les restaurants. Puis elle monte à Paris et renconte le milieu associatif en particulier Life Live in the Bar. Avec cette association, LGS, accompagnée de sa guitare et sa grosse caisse, se produit dans des bars (wait & see, l'archipel, etc...) et de nombreuses petites salles. Le public est vite conquis par son charisme et ses mélodies doucement rock.
Ses influences s’étendent de
Jacques Dutronc à Chrissie Hynde des Pretenders. En 1996, elle est invitée au Festival des Francofolies de la Rochelle. En 1997, elle sort son premier album "La Grande Sophie s'agrandit" et se produit dans la salle mythique du Palace. En 2001, accompagnée de musiciens, elle sort son deuxième opus, "Le Porte-bonheur", qui s'apparente lui à de la "between music" ("mouvement de la fin des années 90 qui considère que la musique est évolutive et jamais figée. L'artiste est héritier de différents styles musicaux, qui ne l'incluent jamais dans une sphère unique mais bel et bien dans le Between :l'art d'être entre ce qu'il définit lui-même par ses choix"). Ce titre lui portera chance puisqu’il s’écoulera à plus 35 000 exemplaires, grâce notamment au single Martin.
Après avoir enflammé de nombreuses salles de concert, La Grande Sophie sort son troisième album, "Et si c’était moi", qui lui vaut la reconnaissance définitive du public et du milieu professionnel qui lui offre sa première victoire de la musique en 2005 (révélation scène). Les singles "Du Courage" et "On savait" permettent à l'album de dépasser les 130.000 ventes.
Dans la foulée, elle enregistre un duo avec Lee Hazlewood, "l'une des plus belles voix du monde" dixit LGS. "Leather and Lace" est un duo franco-anglais pour lequel LGS a adapté le texte.
Après avoir participé au disque On dirait Nino, en hommage au chanteur Nino Ferrer, la chanteuse revient dans les bacs en octobre 2005 avec un album au titre évocateur : "la Suite".
Pour ce nouvel album "La suite...", La Grande Sophie a confectionné seule ses maquettes (comme d’habitude) avant de faire appel au réalisateur Philippe Uminsky. Ce musicien émérite partage avec elle le goût de la pop et des sixties. Il était tout indiqué pour concrétiser un retour à la guitare et à un son plus brut. Cette alliance prouve toute son efficacité dès le morceau d’ouverture, “Un Jour Heureuse” : cette ballade délicate et finement ciselée - qui fut le premier essai de leur collaboration fructueuse - illustre un désir d’ouverture présent sur les treize morceaux suivants à travers le goût prononcé des nuances et des contrastes. La Grande Sophie élargit ainsi sa palette musicale : si elle ose des compositions plus posées, elle continue de cultiver les éclats de vivacité pétulante (“Petite Princesse”), elle assume sa dimension chanson (“Aujourd’hui On Se Marie”), retrouve le charme naïf des années yé-yé (“Les Bonnes Résolutions”), concocte des mélodies portées par la force de l’évidence (“La Fille Du Bord De Mer”), peaufine ses ballades où le lyrisme titille le quotidien (“Je Ne Changerai Jamais”) et ouvre largement les vannes de ses influences, à grand renfort de guitares et d’arrangements pétillants (“La Suite”, “J’Aime Le Rock’n’roll”). Elle n’a pas résisté à son désir de s’offrir une petite reprise (“C’est bien de s’assumer sur les titres des autres et de permettre à une chanson de traverser les époques”) et revisite à sa façon (“Égoïste”) un titre de Martha & The Muffins (“Echo Beach”), transformant l’exercice de style en une véritable re-création. Peut-être est-ce l’annonce d’une future collaboration, puisque sa version antérieure de “These Boots Are Made For Walking” lui a permis d’enregistrer cet été deux titres en duo avec une de ses idoles, l’ex-complice de Nancy Sinatra, Lee Hazlewood...
Avec cette “Suite” qui constitue en même temps le mélange et l’aboutissement des trois disques précédents, La Grande Sophie affirme l’intérêt d’une démarche hors des sentiers battus. Échappant aux étiquettes (folk ? pop ? rock ? chanson ?), elle parvient à conjuguer originalité et séduction car elle soigne une écriture qui fait souvent mouche dans la tendresse ou l’ironie, et elle traque l’évidence rythmique : “ Une chanson doit s’imposer par sa simplicité et doit pouvoir exister juste par la voix et la guitare ”.
En tournée en 2006/07, La Grande Sophie ne manque pas de préparer des surprises dont raffole cette bête de scène qui n’entend pas s’arrêter là : “J’aimerais être sur scène à 86 ans avec ma guitare électrique”. La grande aventure continue...
Les albums de la grande Sophie
1997 La Grande Sophie s'agrandit
1999 Le Porte-bonheur
2003 Et si c'était moi
2005 La suite