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11 Octobre 2008
             Biographie > Serge Gainsbourg
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Serge Gainsbourg 
Serge Gainsbourg Serge Gainsbourg, de son vrai nom Lucien Ginsburg, était un auteur-compositeur-interprète, cinéaste et chanteur français, né à Paris le 2 avril 1928, de parents juifs russes, et mort à Paris le 2 mars 1991.
Il fut l'un des auteurs-compositeurs les plus fertiles de son époque, touchant à tous les styles musicaux, mais aussi au cinéma et à la littérature. Il a réalisé plusieurs films et vidéo-clips et composé plus de quarante bandes sonores de films. Enfin il s'était créé l'image d'un poète maudit et provocateur.

C'est en 1919 que Joseph et Oletchka Ginsburg quittent la Russie pour Paris, fuyant le bolchevisme, en passant par Constantinople puis Marseille. Joseph est pianiste de bar et de cabaret. Ils ont un premier fils, Marcel, qui meurt en bas âge. Ils auront ensuite une fille, Jaqueline, en 1927, puis des faux jumeaux, Liliane et Lucien, en 1928, dont l'un est Lucien Ginsburg, nés rue de la Chine dans le 20e arrondissement de Paris.

Dans son enfance, le petit Lucien vit à Paris dans les quartiers populaires. Son père lui apprend le piano classique et le poussera vers le monde de la peinture.

Les années de la guerre sont dures pour lui, il se réfugie en province et il est obligé de porter l'étoile jaune (« Une étoile de shérif », dira-t-il plus tard par dérision). Il devra même se cacher trois jours durant dans une forêt tandis que les SS recherchent les juifs.

De retour à Paris, la petite famille s'installe dans le XVIe arrondissement de Paris. Lucien est en échec scolaire et abandonne peu avant le bac au Lycée Condorcet. Il s'inscrit alors aux Beaux-Arts mais est rebuté par les hautes études mathématiques et abandonne. Il rencontrera là sa première femme, Elisabeth Levitsky, qui a des accointances avec les surréalistes.

L'année 1948 est une année importante pour Lucien qui fait son service militaire où il sera mis tout bonnement au trou pour insoumission. Il commence là sa « période » éthylique ; privé de permission, il s'enivre au vin avec ses camarades de régiment.

Jusqu'à l'âge de trente ans, Serge vit de petits boulots. Il est tour à tour professeur de dessin, de chant, pion… Mais son activité principale est la peinture. Il aurait aimé être un génie de la peinture comme Francis Bacon ou Fernand Léger, dont il fut l'élève, mais il abandonne rapidement la bohème pour devenir « crooner » de piano-bar dans les casinos de la côte comme Deauville et dans des boîtes parisiennes comme Madame Arthur.

Il a une révélation en voyant Boris Vian, qui écrit et interpète des textes provocateurs, drôles, cyniques, qui font grincer des dents, loin des vedettes du moment, comme Dario Moreno ou Annie Cordy.

En 1957, c'est par hasard que Michèle Arnaud, chanteuse « rive gauche », qu'il accompagne à la guitare dans son tour de chant au cabaret Milord l'Arsouille (où, le reste du temps, il est pianiste d'ambiance), découvre avec stupéfaction les compositions de Gainsbourg et l'incite à interpréter son propre répertoire au même cabaret. Elle sera d'ailleurs sa première interprète en enregistrant, dès 1958, les titres La Recette de l'amour fou, Douze belles dans la peau, Jeunes femmes et vieux messieurs et La Femme des uns sous le corps des autres.

C'est là qu'il fait ses premières armes, compose de nombreuses chansons et même une revue. Il se lance aussi dans sa course effrénée des femmes, qu'il séduit en grand nombre, ce qui le fait s'éloigner de son épouse d'avec qui il divorce en 1957, six ans après leur mariage.

Son premier album, Du chant à la une d'où est extrait Le Poinçonneur des Lilas, détonne mais est un échec commercial. Il est remarqué par Marcel Aymé, qui dit que ses chansons « ont la dureté d'un constat ». Son maître Boris Vian, avant de mourir en 1959, le compare à Cole Porter.

Lorsque l'époque des yéyés arrive, il est alors âgé de 32 ans, il n'est pas très à l'aise : il passe en première partie de Brel ou Gréco, mais le public le rejette et les critiques cruels se moquent de ses grandes oreilles et de son nez proéminent.

Il rencontre alors Elek Bacsik et Michel Gaudry et leur demande de faire un disque avec lui. Ce sera Gainsbourg Confidentiel empreint d'un jazz archi-moderne qui plaisait tant à Gainsbourg mais qui, il le sait, ne lui permettra jamais d'atteindre le succès. Ce merveilleux disque (le meilleur, selon les spécialistes) ne se vendit qu'à 1 500 exemplaires. Sa décision était prise dès la sortie du studio : « Je vais me lançer dans l'alimentaire et m'acheter une Rolls ».

C'est en écrivant pour Juliette Gréco (Accordéon, La Javanaise) et Petula Clark (La Gadoue) qu'il rencontre ses premiers succès, mais c'est avec Françoise Hardy (Comment te dire adieu) et surtout France Gall qu'il va réussir à séduire un public jeune. Après ses premiers succès gainsbourgiens (N'écoute pas les idoles, Laisse tomber les filles), France Gall remporte, en 1965, le grand Prix du Concours Eurovision de la chanson après avoir choisi le titre Poupée de cire, poupée de son parmi les dix qu'on lui proposait. La chanson lauréate devient le tube international qui passe sur toutes les ondes et que France Gall enregistre même en japonais (Archive INA : France Gall et Serge Gainsbourg reçoivent le Grand Prix Eurovision de la chanson à Naples en 1965). Gainsbourg continue sur la veine du succès avec France Gall, en 1966, grâce à Baby pop et surtout aux Sucettes à l'anis.

Fin 1967, il vit ensuite une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot à qui il dédie la chanson Initials B.B. après lui avoir écrit quelques titres emblématiques (Harley Davidson, Bonnie and Clyde, Je t'aime... moi non plus, même si ce dernier titre enregistré avec elle en duo en 1967 en version symphonique fut rendu célèbre l'année suivante par Jane Birkin ; la version originale, d'abord gardée secrète par Serge à la demande de Brigitte Bardot, ne sortira quant à elle qu'en 1986 : ce sera un tube !).

Sur le plateau du tournage de Slogan, en 1968, il rencontre Jane Birkin pour laquelle il sera à nouveau auteur-compositeur. C'est Je t'aime... moi non plus puis 69 Année érotique, immenses succès qui dépassent les frontières.

Ils deviennent pendant dix ans un couple très médiatique, les Lennon-Yoko Ono français, à la pointe de l'actualité, chacun enchaînant tournage après tournage.

Ses années 1970 sont marquées par l'écriture et la composition de 4 albums phares : Histoire de Melody Nelson en 71, Vu de l'extérieur en 73, Rock around the bunker en 75 et L'Homme à tête de chou en 76. Si, au départ, ces albums rencontrent peu de succès commercial (les ventes plafonnent à 30 000 exemplaires), ils le hissent au rang de l'avant-garde de la chanson française.

Melody Nelson est accueilli par la presse comme « le premier vrai poème symphonique de l'âge pop ».

En mai 1973, Serge Gainsbourg est victime d'une crise cardiaque. Il continue pourtant de boire et de fumer, fidèle au personnage qu'il est en train de devenir.

L'album Vu de l'extérieur comporte un tube : Je suis venu te dire que je m'en vais et un titre de « poésie pétomane » qui donnera matière à son roman Evguenie Sokolov.

Avec Rock around the bunker il pousse l'auto-dérision (il avait du se cacher des lois antijuives de l'Occupation) et la provocation à son comble : il tourne en dérision, au second degré, l'esthétique et la verroterie nazies. L'album, enregistré à Londres, est radicalement rejeté par les programmateurs de radio qui ne voient dans cette farce à la Boris Vian qu'une provocation scandaleuse avec des titres comme Nazi rock ou Tata teutonne. Pourtant, à la fin de la décennie 1980, cet album sera couvert de disques d'or.

Les boîtes de nuit, les beuveries, le noctambulisme, la décrépitude physique… De plus en plus, « Gainsbarre » succédera à Gainsbourg avec quelques apparitions télévisées plus ou moins alcoolisées. Il forge ainsi sa légende de poète maudit mal rasé et ivre qui lui vaut tantôt l'admiration tantôt le dégoût. Au bout de dix ans Jane Birkin n'en peut plus et le quitte.

Gainsbourg écrit son nouvel album reggae avec ces paroles sur Ecce Homo : « Il est reggae hilare, le cœur percé de part en part ».

Il rencontre une nouvelle égérie, Bambou, pour laquelle, manie gainsbourgienne, il ne peut s'empêcher de composer. Il lui fait chanter quelques titres qui ne rencontrent pas les faveurs du public (Album Made in China - 1989).

Son œuvre intégrale sort en coffret CD avec de nombreux introuvables que les collectionneurs s'arrachaient à prix d'or ; toutefois, les chansons écrites pour ses interprètes ne sont pas incluses. Il part ensuite pour New York où il va enregistrer ses deux derniers albums, Love on the Beat et You're under arrest. Après le reggae, il se frotte au hip-hop et au funk. Il se produit de longues semaines en concert au Casino de Paris.

Serge Gainsbourg s'éteint en 1991 à la suite d'une cinquième crise cardiaque, un comble pour celui qui suivait affligé les enterrements de ses cardiologues successifs !

Il est enterré avec ses parents au cimetière du Montparnasse (1ère section) à Paris où sa tombe est l'une des plus visitées avec celles de Jean-Paul Sartre - Simone de Beauvoir et de Charles Baudelaire qu'il mit en musique (Baudelaire, Le serpent qui danse, Album n°4, 1962). Depuis 1991, sa tombe déborde constamment de plantes et objets divers (photos, choux - pour L'Homme à la tête de..., petits mots, tickets de métro recouverts d'un message - ce qu'on retrouve sur d'autres tombes du cimetière mais qui pour l'auteur du Poinçonneur des Lilas a une saveur particulière). La tombe porte le nom de Serge Gainsbourg et de ses parents, Olga (1894-1985) et Joseph (1896-1971) Ginsburg.

Lors de son enterrement, le 7 mars 1991, vinrent notamment parmi la foule, outre sa famille, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Patrice Chéreau, Renaud, Johnny Hallyday, les ministres Jack Lang et Catherine Tasca. Catherine Deneuve lut sur la tombe le texte de la chanson Fuir le bonheur de peur qu’il se sauve (source L'Humanité du 8 mars 1991).

On peut dire, en 2006, que Gainsbourg demeure une présence influente et importante de la chanson française. De nombreux chanteurs de la « nouvelle scène française » le citent en référence ainsi que certains rappeurs comme Stomy Bugsy et MC Solaar.

Serge Gainsbourg est le père de l'actrice Charlotte Gainsbourg, issue de son union avec la comédienne et chanteuse Jane Birkin. Il a interprété, avec sa fille, le morceau Lemon Incest dans l'album Love on the beat en 1984.

Il est également le père d'un garçon, Lucien dit Lulu, né de son union avec Bambou. Il a deux autres enfants, Natacha, née en 1964 et Paul, né en 1968, nés d'un précédent mariage avec Françoise Pancrazzi, dite Béatrice, dite « la princesse Galitzine » avec laquelle il vécut un peu moins d'une décennie dans les années 60.

Serge Gainsbourg écrit pour de nombreuses interprètes, seules ou le temps d'un duo à ses côtés, notamment :

Isabelle Adjani : Pull Marine, Rocking chair
Elisabeth Anais : Mon père un catholique
Michèle Arnaud : La Femme des uns sous le corps des autres, Les Papillons noirs
Isabelle Aubret : Il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé
Brigitte Bardot : Bonnie and Clyde, Harley Davidson, Comic strip, Je t'aime… moi non plus
Minouche Barelli : Boum badaboum
Jane Birkin : son égérie
Petula Clark : La Gadoue
Pia Colombo : Défense d'afficher
Dalida : Je préfère naturellement
Mireille Darc : La Cavaleuse
Catherine Deneuve : Dieu est un fumeur de havanes,Souviens-toi de m'oublier
Diane Dufresne : Suicide
Marianne Faithfull : Hier ou demain
France Gall : Poupée de cire, poupée de son, Les Sucettes, Laisse tomber les filles
Juliette Gréco : Accordéon, La Javanaise
Françoise Hardy : Comment te dire adieu
Zizi Jeanmaire : Bloody Jack, ...
Anna Karina : Sous le soleil exactement, Roller Girl
Valérie Lagrange : La Guérilla
Viktor Lazlo : Amour puissance six
Lisette Malidor : Y'a bon
Michèle Mercier : La Fille qui fait tchic-ti-tchic
Nana Mouskouri : Les Yeux pour pleurer
Vanessa Paradis : Dis-lui toi que je t'aime, Tandem
Régine : Les P'tits papiers
Catherine Sauvage : Baudelaire, ...
Stone : Buffalo Bill
Joëlle Ursul : White And Black Blues
Marie-Blanche Vergne : Au risque de te déplaire

Discographie de Gainsbourg

1958 : Du chant à la une !
1959 : Serge Gainsbourg N°2
1961 : L'Étonnant Serge Gainsbourg
1962 : Serge Gainsbourg N° 4
1963 : Gainsbourg Confidentiel
1964 : Gainsbourg Percussions
1967 : Anna, BO de la comédie musicale télévisée
1967 : Gainsbourg & Brigitte Bardot : Bonnie & Clyde
1968 : Gainsbourg & Brigitte Bardot : Initials B.B.
1969 : Jane Birkin & Serge Gainsbourg : Année érotique
1971 : Histoire de Melody Nelson
1973 : Vu de l'extérieur
1975 : Rock around the bunker
1976 : L'Homme à tête de chou
1979 : Aux armes et cætera
1980 : Enregistrement public au Théâtre Le Palace
1981 : Mauvaises nouvelles des étoiles
1984 : Love on the beat
1985 : Serge Gainsbourg live (Casino de Paris)
1987 : You're under arrest
1988 : Le Zénith de Gainsbourg
1989 : De Gainsbourg à Gainsbarre (Compilation, Coffret 9 CD)
2001 : Gainsbourg Forever (Coffret Intégrale)
2001 : Le Cinéma de Gainsbourg (Coffret 3 CD)
2006 : Gainsbourg et caetera (enregistrement Live au Palace 1979)

Serge Gainsbourg : voir
Sources biographies, filmographies, discographies.

 
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